Evaluation psychologique et neuropsychologique du TDAH adulte: ma démarche diagnostique
Pourquoi cette démarche est elle importante?
L’évaluation du TDAH chez l’adulte est une exploration exigeante. Contrairement aux idées reçues, le TDAH ne doit pas être compris comme un « trouble de l’attention » en tant que tel, mais plutôt comme un trouble de la régulation de l’attention associé à des difficultés exécutives.

L’adulte souffrant d’un TDAH va alterner entre des périodes d’inattention et des périodes d’hyperfocalisation en lien avec une difficulté d’inhibition et de flexibilité mentale. Il peut par exemple, avoir du mal à initier une tâche puis une fois son attention mobilisée sur celle-ci, rester dessus « plus longtemps que nécessaire ». Sa concentration est comme « happée » par l’activité en cours et la personne peut avoir du mal à s’en extirper afin d’en passer à une autre. Cette notion d’hyperfocalisation est parfois mal repérée et peut donner la fausse impression de ne pas rentrer dans les critères du TDAH puisque la personne arrive quand même à se concentrer au quotidien.
A mon sens, ce qui me semble important à comprendre dans ce trouble est que la personne peut effectivement se concentrer mais pas tout le temps et pas dans certaines situations. En fin de compte, c’est cette hétérogénéité du comportement attentionnel qui pose problème mais cette variation est attendue dans le TDAH.
Un autre point important dans ce trouble est la question de la procrastination. En effet, la personne peut ressentir des difficultés dans l’organisation et la planification des tâches.
Les activités sans récompense immédiates sont souvent repoussées.
Il ne s’agit pas là d’un manque de volonté, mais plutôt une conséquence d’un dysfonctionnement lié au circuit dopaminergique dans le cerveau.

Pour simplifier, le cerveau ne va pas secréter assez de dopamine et va donc juger une tâche non pertinente à faire (même si, du point de vue de l’entourage celle-ci ne nécessiterait qu’un tout petit effort) : c’est « l’effet montagne ». En général, l’impact sur l’estime de soi de la personne est important et justifie une prise en charge psychologique.
Ce que je propose au cabinet
Une évaluation centrée sur le repérage catégoriel des troubles (en s’appuyant sur les critères diagnostics du DSM V) et l’impact fonctionnel des difficultés. L’évaluation diagnostique et le diagnostic différentiel se mène de façon rigoureuse sur plusieurs séances et permettra de mettre en lumière le fonctionnement de la personne
.L’évaluation se basera sur des entretiens semi-directifs et la passation de questionnaires d’évaluation recommandés par la littérature scientifique récente.

Un compte rendu écrit remis à la fin de l’évaluation qui pourra étayer, si besoin, l’orientation vers un médecin psychiatre. Pour rappel : le diagnostic du TDAH (et des troubles du neurodéveloppement de manière générale) est un diagnostic médical : le psychologue ou neuropsychologue va apporter des éclairages de fonctionnement grâce à son évaluation mais n’apportera que des hypothèses en faveur ou en défaveur du trouble.
Un accompagnement psychologique basé sur des techniques issues des thérapies cognitives et comportementales et/ou de la neuropsychologie.
A bien garder en tête : d’après les dernières guidelines internationales, la réalisation de tests cognitifs n’est pas nécessaire chez l’adulte dans le cadre de l’évaluation du TDAH. En effet, étant donné l’effet d’hyperfocalisation, la réalisation d’une batterie cognitive (exemple : échelle d’intelligence de Wechsler ou batterie attentionnelle informatisée) peut ne montrer aucune difficulté car la situation d’évaluation en elle-même est souvent facteur de réhaussement de la motivation.
Mon but n’est donc pas de faire perdre du temps aux personnes que j’accompagne mais aussi de vous éviter des frais financiers supplémentaires (et inutiles). L’intérêt d’un bilan neuropsychologique peut parfois se poser, mais en général, cela se fait lorsque d’autres hypothèses diagnostiques apparaissent prioritaires.
Ce que vous pouvez me faire parvenir lors des premières séances pour optimiser l’évaluation:
- Vos bulletins scolaires : très représentatifs sur la présence de symptômes durant l’enfance et/ou l’adolescence
- Témoignages d’adultes
- Tout écrit pouvant témoigner de symptômes affectant la vie sociale ou professionnelle (par exemple : mails, comptes rendus d’évaluations dans le cadre du travail etc.)
- Si possible : une consultation (en présentiel ou par téléphone) avec un de vos parents ou adulte ayant été présent durant votre enfance pour attester des difficultés et mieux comprendre la trajectoire développementale.
